Attentats au Sri Lanka en 2019 : condamnés à 220 ans de prison, les accusés font appel

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Les quinze personnes condamnées le 22 septembre à des peines de plus de 200 ans d'emprisonnement pour leur participation aux attentats jihadistes du dimanche de Pâques 2019 au Sri Lanka ont fait appel, a-t-on appris auprès d'un de leurs avocats.

Au terme de cinq ans de procédure, la Haute cour de la capitale Colombo les a reconnus coupables d'avoir assisté les huit "kamikazes" qui s'étaient fait exploser dans trois églises et trois hôtels de luxe de l'île.

L'attentat avait fait 279 morts et plusieurs centaines de blessés, le plus meurtrier de l'histoire du Sri Lanka. Les trois juges ont infligé des peines de 200 à 260 années de réclusion criminelle aux quinze accusés, tous issus de la minorité musulmane sri-lankaise. Neuf autres accusés ont été acquittés.

"Certains des accusés n'étaient pas représentés par un conseil, j'ai demandé que tous ceux qui ont été condamnés puissent obtenir une copie du jugement afin d'en faire appel" auprès de la Cour suprême, a déclaré à l'AFP l'avocat Kaneel Maddumage. La police avait rapidement attribué les attaques-suicides à un mouvement jihadiste qui avait prêté allégeance au groupe État islamique (EI).

Mais au fil de l'enquête, l'Eglise catholique, la presse et plusieurs témoins ont mis en cause les services de renseignement, accusés d'un complot visant à semer le chaos sur l'île pour favoriser l'élection de Gotabaya Rajapaksa à la présidence. L'Église catholique a salué le verdict rendu mardi. "Enfin, nous obtenons justice", a déclaré le prêtre Jude Fernando à l'AFP, "c'est ce que les familles des victimes et les survivants attendaient."

Au-delà de ce procès, l'enquête sur ces attentats a connu un développement spectaculaire en février, avec l'incarcération d'un ex-officier des services de renseignement, le général en retraite Suresh Sallay.

Le ministre de la Sécurité publique, Ananda Wijepala, l'avait présenté devant le Parlement comme le véritable "cerveau" des attaques-suicide. Soupçonné d'avoir bénéficié du complot, l'ancien chef de l'État (2019-2022) Gotabaya Rajapaksa n'a pas été formellement mis en cause. Mais la justice lui a interdit de quitter le pays. Il a vigoureusement démenti toute implication.

La Rédaction (avec AFP)

Crédit image : Shutterstock / Ruwan Walpola (Commémoration des attentats du dimanche de Pâques : des familles pleurent leurs proches disparus à l’église Saint-Sébastien de Katuwapitiya, à l’occasion du sixième anniversaire des attentats du dimanche de Pâques, le 21 avril 2025.)

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